Gabon : L’UNI de Paul-Marie Gondjout se réjouit des avancées obtenues par l’opposition lors de la concertation bipartisane sur les élections

Le président de l'UNI, Paul-Marie Gondjout, lors de la cérémonie de clôture de la concertation sur les élections le 23 février 2023 © DR

Au lendemain de la concertation sur les élections initiées par le président Ali Bongo Ondimba à laquelle il a pris une part active, l’Union nationale initiale (UNI), parti d’opposition né de le scission d’avec l’Union nationale (UN) a, lors d’une conférence de presse, pointé du doigt les avancées significatives obtenues par l’opposition à l’occasion de la concertation. En particulier 4 propositions sur les 15 retenues à ce stade.

Il y a d’abord « l’alignement des mandats pour donner plus de cohérence dans les mandats du pouvoir exécutif et celui du pouvoir législatif pour commencer et terminer ensemble. Cet alignement évitera à notre pays d’organiser des élections tous les 18 à 24 mois », a déclaré ce vendredi la porte-parole de l’UNI, Reine Marie Germaine Adiahénot Ogandaga Ndjondji  qui animé le point de presse.

Cette mesure constitue « un gain de temps et d’argent pour permettre au pays de se mettre résolument au travail sans les entraves politiques de campagnes et de tensions électorales », a-t-elle fait observer.

Deuxième grande avancée : « Le consensus obtenu entre les deux camps politiques sur la désignation des membres des bureaux des conseils locaux. Celle-ci se fera désormais proportionnellement de manière à refléter la configuration politique du conseil ». « La démocratie ne se juge pas qu’au niveau national, a fortiori pas à l’aune de la seule présidentielle. L’échelon local est très important pour faire vivre notre démocratie », a fait observer la porte-parole de l’UNI.

Cette avancée contribuera, selon l’UNI, « au renfoncement de la représentativité de l’ensemble des forces politiques pour une meilleure participation de l’ensemble des citoyens à l’exercice démocratique des responsabilités locales ».

Troisième avancée majeure : « Les diminutions substantielles des cautions électorales pour toutes les élection, une mesure juste et d’équité qui évitera que soient dressées des barrières aux compatriotes désireux d’affronter les suffrages des citoyens », a indiqué Reine Marie Germaine Adiahénot Ogandaga Ndjondji.

Enfin, la quatrième avancée significative, réside dans la perspective d’achèvement « du chantier de l’introduction de la biométrie dans le processus électoral. L’une des avancées qui apportera plus de transparence dans le déroulé des opérations électorales », a fait observer la porte-parole de l’UNI.

Paulette Missambo et Alternance 2023, grands perdants

L’UNI a par ailleurs indiqué qu’il « s’impliquera pleinement pour que le retour des compatriotes qui sont réfugiés à l’étranger pour leur sécurité, soit rendu possible dans le cadre du comité de suivi. Il en sera de même pour les autres compatriotes, leaders politiques et religieux injustement incarcérés pour des raisons d’opinions. »

Sur un plan plus politique, les résultats, pour certains inattendus, obtenus par l’opposition à l’occasion de cette concertation, a validé la stratégie du président de l’UNI, Paul-Marie Gondjout. Celui-ci a indéniablement marqué des points sur sa rivale, la présidente de l’UN, Paulette Missambo. Ayant choisi la politique de la chaise vide pour tenter de faire dérailler la concertation, avant de tenter en vain de remonter à bord (lire notre article), celle-ci et ses compagnons regroupés au sein d’Alternance 2023 ressortent bredouille de cette séquence dont ils sont les grands perdants. « Ils n’ont désormais plus que les médias et les réseaux sociaux pour pleurer », raille, dans un éclat de rire sardonique, un responsable de l’UNI. La politique, il est vrai, est parfois cruelle.