Gabon : Les tensions entre Jean Valentin Leyama et Georges Mpaga illustrent les divisions profondes qui minent l’opposition à l’approche des élections

Entre Georges Mpaga (à gauche) et Jean Valentin Leyama, le torchon brûle © DR

Entre Jean Valentin Leyama, l’ancien directeur de cabinet adjoint de la Présidence de la République (de 2015 à 2017) et désormais secrétaire exécutif du parti d’opposition Réagir, et Georges Mpaga, l’un des leaders de la société civile gabonaise, le torchon brûle. 

En cause, les accusations portées par l’un, Jean Valentin Leyama, contre l’autre, Georges Mpaga.

Le secrétaire exécutif du parti Réagir reproche au leader du Réseau des organisations libres de la société civile pour la bonne gouvernance au Gabon (ROLBG) « d’avoir vendu ses services à un candidat contre de l’argent », rapporte un de ses proches.

Les deux hommes ont eu cette semaine à ce sujet un échange « particulièrement houleux » au téléphone.

« La société civile peut avoir une sensibilité politique. Mais de là à faire campagne activement pour un candidat en particulier, c’est rompre le principe de neutralité auquel elle est astreint », vitupère M. Leyama qui fut de 2015 à 2017 directeur de cabinet adjoint de la Présidence de la République.

Pour un des proches du vice-président de Réagir, en faisant ouvertement campagne pour un candidat, « les organisations de la société civile comme le ROLBG de M. Mpaga perdent toute crédibilité. »

Incapable de s’unir autour d’un candidat commun

A ce stade, Jean Valentin Leyama refuse d’en dire plus sur l’identité du candidat pour lequel Georges Mpaga roulerait désormais. Il a simplement concédé le fait que ce candidat est membre de la plateforme d’opposition Alternance 2023. Mais, selon son entourage, il pourrait délier prochainement sa langue.

Quoi qu’il en soit, les tensions entre Jean Valentin Leyama et Georges Mpaga illustrent les divisions profondes qui minent l’opposition gabonaise à l’approche des élections. Emiettée et étêtée, incapable de s’unir autour d’un candidat commun, celle-ci part en ordre dispersé face au grand favori du scrutin : le président Ali Bongo Ondimba et sa majorité qui fait bloc autour de lui.