
La rencontre entre le président et les opposants a eu lieu ce lundi 1er mai au Palais du Bord de mer. Elle illustre la fracture profonde qui existe entre les deux tendances, de forces égales, au sein de l’opposition : l’une modérée et l’autre radicale.
Ce lundi 1er mai, jour de fête du Travail, le président Ali Bongo Ondimba n’a pas chômé.
Il a reçu au Palais Rénovation deux opposants de poids, Me Louis-Gaston Mayila, président de l’Union pour la nouvelle République (UPNR) et leader de la plateforme PG41, ainsi que Paul-Marie Gondjout, président de l’Union nationale initiale (UNI). Tous deux ont pris une part active à la concertation pour « des élections aux lendemains apaisés » qui a eu lieu en février dernier.
« Avec le président Ali Bongo Ondimba, nous ne sommes pas, et c’est normal, d’accord sur tout. Mais une frange importante de notre famille souhaite s’inscrire dans une démarche constructive et ne pas être l’otage d’une minorité radicalisée », explique un proche de M. Gondjout qui a fait sécession du reste de l’UN il y a quelques mois.
« Nous sommes dans un esprit constructif. Nous sommes tous Gabonais. Nous vivons tous dans le même pays. Et notre intérêt commun, à l’opposition comme à la majorité, est que ce pays continue d’aller mieux, de progresser dans tous les domaines », insiste, quant à lui, le camp Mayila.
Un discours qui rejoint peu ou prou celui de la Présidence. « Le président de la République est quelqu’un d’ouvert. Sa vocation est de rassembler, pas d’ostraciser ou d’excommunier comme c’est trop souvent le cas chez certains hommes politiques », commente un des collaborateurs du chef de l’Etat.
Pour ce professeur en science politique de l’UOB, ces rencontres n’ont rien de surprenant. « Certains, au sein de l’opposition radicale, diront qu’il s’agit du mariage de la carpe et du lapin. Ou encore que ces opposants ne sont pas de vrais opposants. Mais d’une part, le président de la République a toujours pratiqué cette politique d’ouverture. Il est d’ailleurs, institutionnellement, en tant que chef de l’Etat, dans son rôle. D’autre part, ces opposants ne représentent pas une tendance marginale. Souvent, les médias, c’est leur nature, donnent la parole aux éléments les plus radicaux. Mais ils n’en sont pas plus représentatifs pour autant. Bien au contraire », décrypte l’universitaire.
Pas de front uni pour l’opposition en 2023
Mais pour lui, les deux leçons principales à tirer de cet épisode sont ailleurs. « La première, c’est qu’une frange de plus en plus importante de l’opposition a tiré les leçons du boycott de 2018 et a compris que la politique de la chaise vide produisait des effets délétères. Cela s’est vérifié lors de la concertation sur les élections en février où une partie de l’opposition a échoué à dissuader l’autre d’y prendre part (…) La seconde (sans doute la principale, NDLR), c’est qu’à l’évidence, l’opposition ne présentera pas de front uni lors de la présidentielle ».
Un fait d’autant plus préjudiciable que l’élection présidentielle, comme tous les autres scrutins désormais au Gabon, se déroulera désormais à un seul tour.







