Gabon : Le ralliement de Bertrand Zibi à Alexandre Barro Chambrier entérine la fracturation d’Alternance 2023 entre deux blocs

Bertrand Zibi mise sur Barro Chambrier plutôt que Missambo lors de cette présidentielle 2023 © Facebook/ABC

L’ancien député PDG à Bolossoville dans le Woleu-Ntem et soutien de Jean Ping en 2016 a officialisé son ralliement au président du RPM lors d’un meeting le 13 août dernier à Mouila dans la Ngounié.

« J’ai moi-même été candidat à cette élection présidentielle (…) Il n’y a pas de honte à s’aligner derrière quelqu’un qui a plus de chance de remporter l’élection. Et Barro est mieux placé (…) », a déclaré Bertrand Zibi.

Le ralliement de M. Zibi a Barro Chambrier est en réalité une réponse à celui annoncé quelques jours auparavant des Démocrates à Paulette Missambo (lire notre article). « Ils se rendent coup pour coup », raille un lieutenant de Pierre Claver Maganga Moussavou qui a préféré quitter la plateforme début août pour faire cavalier seul.

Plus symboliquement que politiquement important

« C’est davantage de la communication qu’autre chose. A ce stade de la campagne, chacun doit montrer ses muscles monter. Apparaître comme le mieux placé au sein de l’opposition pour affronter le candidat de la majorité », explique un professeur en science politique de l’UOB.

Le ralliement de Zibi est plus symboliquement que politiquement important. Celui-ci n’est plus député depuis 2016. En raison de sa condamnation par les tribunaux cette année-là, il est suspendu de ses droits civiques. Il ne peut donc ni se présenter à la présidentielle, ni aux législatives. « Sa décision de se retirer ne lui a donc rien coûter », ironise un député du PDG, élu du Woleu-Ntem. Sans compter que Zibi n’a aucune troupe derrière lui, pas de machine partisane. « C’est un homme seul », confie un de ses ex-compagnons.

Entre les pro-Barro et les pro-Missambo, chacun est sommé de choisir son camp

L’annonce de son ralliement au président du RHM envoie toutefois un signal à l’opinion : après le soutien des Démocrates à Paulette Missambo, la présidente de l’UN, Alexandre Barro Chambrier n’entend pas se retirer de la course. Et pour cause, avec le bulletin unique, celui des deux qui prendrait le risque de se retirer condamnerait son parti à n’avoir aucun député pour la prochaine législature. Une perspective que ni Barro Chambrier, ni Missambo ne sont prêts à accepter.

« Aujourd’hui, au sein d’Alternance 2023, il y a les pro-Chambrier et les pro-Missambo. Chacun doit choisir son camp », constate un des responsables de la plateforme. Dans ces conditions, la perspective d’une candidature commune apparait chaque jour de plus en plus illusoire…