
Jean-Elvis Ebang Ondo est accusé par la mère d’une victime de crimes rituels d’avoir entretenu la rumeur sur les réseaux sociaux la semaine dernière sur une supposée vague d’enlèvements d’enfants à Libreville en publiant d’anciennes photos et un témoignage d’elle datant de plusieurs années.
Sur l’antenne de Radio Gabon, Honorine Monabio a accusé le président de l’Association de lutte contre les crimes rituels (ALCR) d’avoir sciemment alimenté ces derniers jours la psychose au sein de la population.
« (Je) dénonce le fait que les photos et mon témoignage refassent surface sur les réseaux sociaux par (la faute du) président de (l’ALCR), M. Jean-Elvis Ebang Ondo », a déclaré Mme Monabio qui dément catégoriquement le prétendu enlèvement de sa fille à l’occasion de la supposée vague d’enlèvements d’enfants, une rumeur abondamment relayée la semaine dernière sur les réseaux sociaux au Gabon et qui a causé la mort de deux innocents, lynchés par la foule qui les accusait d’être des kidnappeurs.
Lors d’un point-presse ce weekend, Jean-Elvis Ebang Ondo avait assuré avoir recensé 10 cas d’enlèvement dans la capitale et à l’intérieur du pays, preuve selon lui du retour du phénomène des crimes dits rituels. Problème : aucune plainte pour enlèvement d’enfant n’a été déposée depuis le début de l’année à Libreville. Ailleurs, une seule l’a été, celle concernant le petit Rinaldi près de Bitam, qui est toujours activement recherché par les autorités.
Mme Mounabio avait fondé beaucoup d’espoir sur la marche organisée en 2011 par le président de l’ALCR qui visait à dénoncer le phénomène des crimes rituels. Neuf ans plus tard, elle s’avoue déçue. « Alors qu’on pensait qu’on aurait eu des solutions au niveau du tribunal, ce qu’il a fait c’est de nous utiliser, utiliser les photos de ma fille et mon témoignage sans m’en informer », déplore-t-elle.
« Quelle que soit la noblesse d’un combat, celui-ci ne doit pas faire perdre de vue le rapport avec la réalité car ça n’est pas sans conséquence. Ce vendredi, deux hommes sont morts à cause de ces rumeurs véhiculées sur les réseaux sociaux », s’indigne un magistrat qui a eu à connaître une fois durant sa carrière d’un cas de crime rituel.
Jean-Elvis Ebang Ondo n’est pas le seul à être accusé d’avoir amplifié la rumeur sur une supposée vague de disparitions d’enfants au Gabon. Plusieurs opposants et activistes ont été pointés du doigt pour avoir tenté d’instrumentaliser la situation à des fins politiciennes. Une attitude jugée irresponsable.
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