Gabon : Le gouvernement soumettra un « Plan de stabilisation et de relance de l’économie » au président Ali Bongo Ondimba

Le Palais du Bord de mer à Libreville, siège de la Présidence gabonaise © DR

Le Gabon va lancer un plan de riposte économique, appuyé par ses traditionnels partenaires techniques et financiers, a annoncé hier lundi 27 avril, le premier ministre Julien Nkoghe Bekalé lors d’une conférence de presse marathon.

« Alors que notre pays devrait renouer avec une croissance de l’ordre de 3,8 % cette année au prix de douloureux sacrifices et des réformes courageuses, cette crise va anéantir tous nos efforts antérieurs et induire une croissance réelle proche de zéro », a déclaré le chef du gouvernement.

« Il s’agit de saisir l’occasion de cette crise pour repenser le modèle de croissance de notre économie. Cette nouvelle crise a dévoilé la forte dépendance de notre économie vis-à-vis du pétrole, malgré les efforts de diversification entrepris au cours de la dernière décennie ainsi que la vulnérabilité de notre pays sur le plan de la sécurité alimentaire », a poursuivi le premier ministre.

Ce « Plan de Stabilisation et de Relance de l’Economie » sera soumis dans quelques semaines au président de la République, Ali Bongo Ondimba. Il s’appuiera sur une évaluation de la stratégie nationale d’industrialisation et sera guidé par deux grandes priorités : amoindrir la dépendance de l’économie nationale vis-à-vis du pétrole et accélérer le Plan stratégique de souveraineté alimentaire.

Le Gabon fait face à une double crise, mais…

A l’instar de l’ensemble des pays du monde, le Gabon fait face à une double crise. Une crise de la demande mondiale liée au Covid-19 et au ralentissement de l’économie (notamment des exportations vis-à-vis de la Chine) et une forte baisse des prix du pétrole. En dépit d’une montée en puissance de certains secteurs comme le bois ou les mines, le pétrole constitue encore 68 % des exportations du Gabon, 45 % de son PIB et 40 % de ses recettes budgétaires.

Reste que le tableau très noir brossé par le premier ministre n’est pas partagé par tous les économistes. Les banques centrales sont en effet très mobilisés pour soutenir les acteurs publics et privés, de même que les institutions multilatérales (le FMI a récemment approuvé un décaissement de 88 milliards de francs en faveur du Gabon au titre de l’instrument de financement rapide pour faire face à la pandémie du Covid-19) et bilatérales (AFD…). Ces dernières pourraient en outre annuler partiellement la dette des Etats. D’ores et déjà, il semble acté que les échéances de remboursement soient repoussées. Enfin, les prix du pétrole remonteront inévitablement à mesure que les pays se déconfinement et que les stocks élevés jusqu’à présent s’amenuisent, poussant ainsi à la hausse la demande.

« La situation économique n’est pas au mieux. Mais dire qu’une catastrophe est devant nous est excessif. La science économique a beaucoup progressé depuis un siècle et on a appris des crises successives. Certaines erreurs commises à l’époque ne seront pas rééditées. Aujourd’hui, la crise est certes profonde mais nous avons les moyens de la surmonter », indique, résolument confiant, un économiste du FMI.