Gabon : Le conseil des ministres renforce les missions du Conseil national de la démocratie afin de rendre le débat public plus constructif et moins stérile

Ali Bongo présidant le conseil des ministres ce jeudi 23 mai au Palais du Bord de mer à Libreville © DR

Hier, le conseil des ministres a adopté un projet de loi visant à transformer les recommandations issues du dialogue politique d’Angondjé relatives au Conseil National de la Démocratie en actes législatifs.

Désormais, le CND « devient une autorité morale consultative et permanente de dialogue et de concertation entre les acteurs politiques ».

Ses attributions sont, par ailleurs, considérablement élargies. « Tout en maintenant son statut d’Autorité Administrative Indépendante, le Conseil National de la Démocratie voit ses missions renforcées, précise le communiqué final du conseil des ministres.

Désormais, cette institution sera notamment chargée « d’élaborer un code de bonne conduite à l’usage des acteurs de la vie politique nationale et veiller à son application, d’assurer la médiation dans les conflits opposant les acteurs et les partis politiques entre eux, d’assurer la promotion du consensus autour des questions d’intérêt national et des principes démocratiques et républicains, de contribuer au renforcement de l’unité nationale par l’enracinement de la culture, du pluralisme et de la tolérance politique, de promouvoir les relations entre les partis politiques, de contribuer au renforcement des capacités des partis politiques, du suivi des accords et recommandations des dialogues politiques ».

Pour ce professeur en science politique, cette réforme est bienvenue. « La vie politique gabonaise est trop conflictuelle. Il y a trop de débats stériles qui tournent autour des personnes et non des idées. Ce qui détourne les Gabonais de la politique. Il est donc impératif de remettre du consensus et le CND doit pouvoir y contribuer en jouant un rôle de médiateur entre majorité et opposition, classe politique et société civile », veut-il croire.

Autres changements sur le plan institutionnel, le Président du Conseil National de la Démocratie, actuellement Séraphin Ndaot Rembogo, sera désormais nommé par décret du président de la République pour une durée de quatre ans renouvelable une fois. Les autres membres du Conseil, élus par leurs pairs, verront eux la durée de leur mandat passer de deux à quatre ans.