
L’AFP a publié ce lundi matin un reportage controversé sur « des enfants (qui) survivent en travaillant à la décharge » de Mindoubé, déclenchant aussitôt une vive polémique sur les réseaux sociaux.
« Larry trimballe tant bien que mal un sac plus grand que lui rempli de ferraille. En haillons et les bottes en caoutchouc pleines de terre, ce chétif garçon de 8 ans déambule dans la décharge de Mindoubé de la capitale gabonaise Libreville, à la recherche d’objets en cuivre ou en aluminium qu’il pourra ensuite revendre. Comme lui, des dizaines d’enfants vivent et travaillent à Mindoubé sous une chaleur accablante. »
C’est par ce paragraphe que débute le reportage de l’AFP paru ce lundi sous le titre « Gabon : des enfants survivent en travaillant à la décharge. » Aussitôt après sa publication, celui-ci a déclenché des réactions en série sur les réseaux sociaux gabonais, en particulier Whatsapp, très utilisé pour commenter l’actualité, mais aussi Facebook.
Si les réactions de la part des internautes gabonais sont aussi nombreuses – et aussi vives -, c’est parce que ce reportage donne une impression de « déjà vu » comme l’explique un professeur en science politique de l’UOB, la plus grande université du pays.
« Ce phénomène des enfants qui se rendent ponctuellement sur la décharge de Mindoubé, et qui n’y travaillent donc pas à plein temps comme le reportage pourrait le faire croire, est marginal. Cela ne concerne qu’un tout petit nombre d’enfants. Or, on pourrait, à lire l’article, croire qu’il s’agit d’une généralité », décrypte l’universitaire.
Marronnier
Pour ce journaliste expérimenté de l’Union, le quotidien gabonais le plus lu, ce genre d’article est habituel de la part des médias français. « C’est ce qu’on appelle dans notre jargon un marronnier, c’est-à-dire un sujet qui revient de manière récurrente », indique-t-il, ajoutant qu’ « il y a chez les journalistes français une tendance au misérabilisme au sens littéral du terme, c’est-à-dire une tendance à la représentation des aspects les plus misérables de la réalité sociale au Gabon ».
Selon lui, cela s’explique par des raisons idéologiques. « Les médias français, publics en particulier, sont dominés par l’idéologie ‘tiers-mondiste’. D’où leurs choix éditoriaux dans lesquels les reportages sur la pauvreté, la faim, les guerres, etc., sont surreprésentées (…) Bien entendu, ces réalités existent en Afrique. Personne ne le nie. Mais il ne s’agit pas de toute la réalité. Or, à voir, écouter ou lire les reportages consacrés au continent par les médias occidentaux, français en particulier, certains pourraient le croire », déplore cette grande plume, très respectée dans le milieux.
L’une des professions les moins appréciées en France
En France, les journalistes figurent parmi les professions les moins appréciées par la population. Il leur est souvent reproché de faire valoir leur opinion, très orientée politiquement, au détriment des faits, relégués au second plan. En 2012, un sondage réalisé au sein de la profession, avait fait apparaître que 92 % d’entre eux avaient voté pour le candidat de gauche, en l’occurrence François Hollande.
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