Gabon : La violente charge d’Elza-Ritchuelle Boukandou contre Jean Ping illustre les vives tensions au sein de l’opposition dans la perspective de la présidentielle de 2023

La présidente du parti d'opposition PLC, Elza-Ritchuelle Boukandou © DR

La présidente du PLC a tenu des propos très virulents à l’encontre du candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2016 et ex-chef de file de l’opposition. Un énième signe des tensions très vives qui fracturent l’opposition gabonaise. 

« Lorsque je vois tout l’intérêt que les interventions de certains députés de l’opposition à l’Assemblée nationale suscitent dans l’opinion, je comprends que ceux qui ont boycotté les législatives de 2018 sont en train de le regretter », a déclaré cette semaine Elza-Ritchuelle Boukandou.

Sans le nommer, la présidente du parti Pour le changement (PLC), vise en Jean Ping, le patron de la CNR, dont la stratégie de boycott des élections générales de 2018 a été des plus hasardeuses. Non seulement elle l’a privée de représentants dans les rangs de l’Assemblée nationale mais, en plus, elle a révélé sa perte de leadership au sein de l’opposition gabonaise puisque la majorité des opposants n’ont pas suivi son appel. Ce fut le cas notamment de l’UN de Zacharie Myboto et du RPM d’Alexandre Barro Chambrier.

Depuis, Jean Ping est devenu la cible privilégiée de la jeune garde de l’opposition, réunie en partie au sein du collectif Appel à agir qui comprend notamment Nicolas Nguema, une autre figure du PLC, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, en quasi-rupture de ban avec l’UN, ou encore l’activiste Marc Ona Essangui.

A leurs yeux, Jean Ping, qui aura 81 lors de la prochaine élection présidentielle prévue en 2023, ne peut plus incarner une alternative crédible. Selon eux, le patron de la Coalition pour la nouvelle République (CNR) a les yeux rivés vers le passé, à ressasser sans cesse sa défaite de 2016, et non tournés vers l’avenir comme il le faudrait.

A moins de trois ans désormais de la prochaine élection présidentielle, l’opposition gabonaise, minée par des querelles de personnes, apparaît plus que jamais divisée.