
Au cours d’une rencontre partisane le 23 mai dernier, la présidente de la chambre haute a eu des mots très durs tant vis-à-vis du gouvernement que du PDG.
Le discours est étonnamment franc. Direct. Jeudi dernier, dans un hôtel de Libreville, Lucie Milebou Aubusson n’y est pas allé avec le dos de la cuillère lorsqu’il s’est agi de critiquer ses partenaires de la majorité.
Première cible de son courroux, le gouvernement. « Comment dans un climat de sempiternelle suspicion, nous pouvons, apprendre à nouveau à nous faire confiance, sans détruire ces énormes murs de séparation et de repli identitaire que nous-même avons érigés, pour construire des ponts, pour nous entendre, nous comprendre et cheminer ensemble vers un Gabon émergent », a déclaré celle qui est aussi sénatrice de Fougamou (Ngounié).
Pour certains, les propos de la présidente de la chambre haute seraient en partie motivés par des raisons de conditions de travail des Sénateurs. Ceux-ci accuseraient plusieurs mois d’arriérés de salaires et primes. En outre, l’état de l’hémicycle du palais du Sénat, décrépi depuis des années, ne garantirait pas un un climat serein.
Deuxième cible de l’ire de la présidente du Sénat, le Parti Démocratique Gabonais (PDG, majoritaire). « A ce qu’il semble, le plus grand prédateur du PDG, c’est le PDG lui-même ; le plus grand commun diviseur, semble également venir de nos rangs, du PDG », a-t-elle dénoncé, avant de faire observer qu’ « invectives, menaces, intimidations font le lit de la révolte ».
Poursuivant, Lucie Milebou Aubusson s’est demandé : « Qu’avons-nous fait du Dialogue ? Qu’avons-nous fait de la tolérance ? Qu’avons-nous fait de la culture de la paix, toutes ces bonnes vertus léguées par le Grand Camarade fondateur de notre parti (Omar Bongo, ndlr) ? »
Et celle-ci d’achever ce qui s’apparente à un véritable réquisitoire en forgeant ce vœu : « si nous désirons réellement aller loin, vers cette destination à laquelle nous invite le distingué camarade Ali Bongo Ondimba, nous devons aller ensemble, en confiance, et non avec une diversité de clans et de porte-voix. »
Des propos qui plaident manifestement en faveur d’une profonde refonte du PDG, parti créé par Omar Bongo en 1968 et qui a remporté une victoire écrasante lors des dernières élections couplées (législatives et locales) en octobre dernier, ne laissant que des miettes à une opposition laminée qui peine aujourd’hui à faire entendre sa frêle voix.







