Gabon : En choisissant de consolider la démocratie représentative, Ali Bongo Ondimba s’érige en rempart contre le populisme

Ali Bongo Ondimba s'adressant aux parlementaires réunis en Congrès vendredi 25 juin 2021 © DR

Hier, vendredi 25 juin, le chef de l’Etat gabonais s’est adressé aux parlementaires réunis en Congrès. Il ne s’agissait pas d’une obligation, comme aux Etats-Unis, mais d’une possibilité offerte par l’article 24 de la Constitution gabonaise. Par là, Ali Bongo Ondimba a voulu adresser un signal fort. Il est nécessaire, selon lui, de consolider la démocratie représentative, mise à mal partout dans le monde par la montée des populismes favorisée par les réseaux sociaux. Une dérive à laquelle le Gabon n’échappe hélas pas. 

C’est sans conteste l’un des temps forts du discours prononcé par Ali Bongo Ondimba.

Hier, vendredi 25 juin, le président de la République s’est adressé aux députés et sénateurs réunis en Congrès. Un événement.

A cette occasion, le numéro un gabonais a entamé un vibrant plaidoyer en faveur de la démocratie représentative et contre les populismes qui, partout dans le monde, ont le vent en poupe.

« Légiférer, tout comme gouverner, c’est prendre conscience non seulement de ses droits, mais aussi de ses responsabilités et de ses devoirs. Cela exige du courage, beaucoup de courage et de l’abnégation, pour ne pas emprunter la voie du populisme », a déclaré Ali Bongo Ondimba.

« En ma qualité de Président de la République et donc de Premier Magistrat du pays », a-t-il expliqué, « je suis amené, au quotidien, à faire des choix difficiles et procéder à des arbitrages qui ont une incidence sur la vie de près de 2 millions de nos compatriotes. C’était notamment le cas ces derniers mois, avec la crise sanitaire mondiale sans précédent (…). »

« Le populisme conduit toujours à une impasse »

« Face à cette terrible pandémie de la Covid-19 », a poursuivi le numéro un gabonais, « les décisions que j’ai prises, notamment l’instauration du couvre-feu ou le confinement, n’ont pas toujours été comprises par les populations. Elles ont suscité des critiques, voire des contestations. Néanmoins, je les ai prises. J’ai agi. J’ai agi en mon âme et conscience, dans le souci permanent de protéger mes compatriotes. De sauver des vies, de sauver toutes les vies. Et s’il m’était donné de le refaire, je le referai, sans aucune hésitation », a tonné Ali Bongo Ondimba.

Il fait alors cette mise en garde. « Le populisme est une voie large et facile d’accès. Toutefois il conduit toujours à une impasse. Il est, tout comme la démagogie, le cancer de la Démocratie. » Et Ali Bongo Ondimba de rappeler, « si besoin en est » aux parlementaires, « que dans ce temple de la Loi, seul l’intérêt supérieur de la Nation doit primer ».

Une tendance qui se manifeste au Gabon surtout dans l’opposition radicale

Ces dernières années, les mouvements populistes, favorisés par l’émergence des réseaux sociaux, ont le vent en poupe. Aucun continent n’y échappe et, à quelques exceptions près, aucun pays. Au Gabon, cette tendance se manifeste tout particulièrement au sein de l’opposition radicale qui a une forte propension à embrasser toutes les causes, pourvu qu’elles soient populaires. Ce fût le cas récemment lors de la dépénalisation de l’homosexualité ou du renforcement des droits des femmes, deux mesures qu’elle a vigoureusement contesté.

Mais aussi lors de la pandémie de Covid-19. A cette occasion, les opposants et activistes les plus radicaux se sont employés à dénigrer les mesures barrières, pourtant efficaces, prises par le gouvernement afin de freiner la Covid-19. Ils se sont également – tristement – illustrés par leurs tentatives visant à dénigrer le vaccin auprès des Gabonais.