Gabon : Depuis sa tentative de rapprochement avec Ping, Mayila fait face à une défection sans précédent de ses soutiens au sein de l’UPNR

Depuis sa tentative de rapprochement avec Jean Ping le 6 août dernier, Louis Gaston Mayila fait face à une érosion inédite de ses soutiens au sein de l'UPNR © DR

L’Union pour la nouvelle République (UPNR) vit une crise inédite. De nombreux responsables dénoncent un management « archaïque » et un climat délétère, fait de menaces et d’intimidations. Surtout, ils fustigent l’absence de stratégie politique, illustrée par la récente et incompréhensible tentative de rapprochement esquissée par Maître Louis Gaston Mayila, le président fondateur du parti, avec Jean Ping au moment où ce dernier est en perte de vitesse. 

Face à l’évidence, Maître Louis Gaston Mayila a été contraint de le reconnaître lui-même. Dans un courrier adressé à différents médias (dont La Libreville), le président-fondateur de l’Union pour la nouvelle République (UPNR) admet que sa formation fait face à « la pire crise » de son histoire.

Ces derniers jours, 13 membres de l’UPNR ont collectivement démissionné. Il s’agit des présidents des comités UPNR et par ailleurs, colistiers dans la liste conduite par Ghislain Edou Ovono et Olivia Nomengone Ella aux élections locales 2018 dans le 1er arrondissement d’Oyem.  

Management archaïque et absence de stratégie

Ceux-ci expliquent leur démission par le management jugé « archaïque » de Mayila, 73 ans, mais surtout son « absence de stratégie ». Les démissionnaires estiment en particulier qu’il est « incompréhensible » de se rapprocher de Jean Ping au moment où celui-ci est dans une impasse.

« Jean Ping et la CNR n’ont plus rien à proposer. Ils pédalent dans le vide. Leur seul discours consiste à revendiquer la victoire à la présidentielle de 2016 et à critiquer le pouvoir en place mais sans jamais rien contre-proposer. Ils ne parlent jamais des sujets du quotidien. Ils sont obnubilés par la quête du pouvoir (…) Leurs chances de l’emporter lors de la prochaine présidentielle sont nulles. Du coup, on se demande vraiment quel est le sens d’une alliance avec lui. C’est complètement insensé », peste l’un des démissionnaires.

L’UPNR menacée de disparition

Le rapprochement esquissé par Mayila vis-à-vis de Ping le 6 août dernier a de quoi surprendre en effet en raison du timing et de la situation très délicate dans laquelle se trouve l’opposition. « C’est un choix étonnant », commente, sibyllin, un professeur en sciences politiques de l’UOB. « Mais le résultat est là. Et aujourd’hui, l’UPNR est tout simplement menacée de disparition », ajoute l’universitaire.

Lâché par ses soutiens à l’extérieur, Jean Ping est très contesté à l’intérieur tant par les vieux barons de l’opposition (Guy Nzouba-Ndama, Alexandre Barro-Chambrier…) que par la nouvelle garde (Appel à agir, UPC, etc.).

Dans une interview récente, le conseiller Afrique du président de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, pourtant irréductible soutien de Ping jusqu’à présent, a considéré que ce dernier n’avait aucune chance d’être élu lors de la prochaine présidentielle prévue en 2023 au Gabon (lire notre article).