Gabon : de guerre lasse, Jean Ping négocierait-il son ralliement à Ali Bongo ?

Jean Ping le 23 février 2019 @ DR

C’est ce qu’affirme un article publié cette semaine sur le blog de Mediapart. L’opposant, lui, dément. Mais le doute subsiste. 

A l’instar de nombreux autres opposants avant lui, Jean Ping serait-il en train de négocier son ralliement à Ali Bongo Ondimba ?

C’est en tout cas ce qu’indique, avec force détails, un article paru cette semaine sur le blog du site d’information Mediapart. Celui-ci fait en effet état de discussions qui se seraient tenus à une date non précisée à l’hôtel Sofitel de Rabat au Maroc entre « un envoyé spécial de M. Ping » et « des acteurs majeurs du monde politique gabonais », proches manifestement de la majorité, en vue d’un arrangement entre les deux parties.

« Faux », répond aujourd’hui Jean Ping dans un communiqué daté du jeudi 7 mars et diffusé sur les réseaux sociaux (voir en pied de page). L’opposant dénonce un mensonge » destiné à le « calomnier » et à « distraire les Gabonais ».

Il reste que les éléments d’information contenus dans le billet paru sur le blog de Mediapart sont étonnamment précis : le nom de l’envoyé spécial de M. Ping (Chantal Myboto), le lieu du rendez-vous (le Sofitel), le contenu des échanges, etc.

Détails troublants

L’article fait également état de la lassitude de Jean Ping, de son souhait de mettre un terme à ses tracasseries judiciaires et administratives, à sa situation financière compliquée depuis l’élection présidentielle de 2016 ou encore au sort réservé à son fils Franck. Autant de motivations qui le pousseraient à renoncer à son combat au sein de l’opposition.

Mais un autre élément incite à accorder du crédit aux informations révélées dans cet article. Ces deux derniers mois, Jean Ping n’en a pas fait mystère à son cercle rapproché : il sait qu’avec l’hospitalisation d’Ali Bongo, il avait une chance inespérée d’accéder à la magistrature suprême. Cette chance-là, hélas pour lui, est passée. En effet, ses appels au soulèvement des Gabonais en novembre, décembre et janvier derniers sont restés lettres mortes. Aujourd’hui, Ali Bongo est de retour après avoir recouvré la santé et les capacités, physiques et intellectuelles, qui vont avec. De sorte que le débat sur la vacance du pouvoir présidentielle n’a plus lieu d’être.

Jean Ping le sait très bien. Il sait aussi, du coup, qu’il devra désormais attendre 2023 et la prochaine élection présidentielle. Il aura alors 81 ans. Trop tard, sans doute pour lui, à un âge où le temps est précieux. D’où, probablement, les négociations amorcées, à Rabat ou ailleurs, entre son camp et celui du président Ali Bongo Ondimba.

Communiqué de presse de Jean Ping daté du 7 mars