Au Gabon, Ali Bongo rajeunit et féminise son équipe présidentielle

Habiba Issa-Yanga. Cette jeune trentenaire, juriste de formation et ex-DGA de la modernisation de l'Etat, a été nommé le 12 avril 2018, en conseil des ministres, conseiller spécial, chef de département Fonction Publique et Administration. © DR – Twitter

Hier, jeudi 12 avril, à l’occasion du conseil des ministres, de nouvelles nominations au sein du cabinet de la présidence du Gabon ont été annoncées. Une nouvelle fois, des jeunes et des femmes ont été promus. 

Parmi les exemples les plus emblématiques, on peut citer Patrichi Christian Tanasa, nommé comme conseiller spécial, responsable du pôle Industrie, Mines et Hydrocarbures ; Alida Bignoumba, promue conseiller spécial, chef du département Culture, Sport et Loisirs ; ou encore Habiba Issa-Yanga, désormais conseiller spécial, chef de département Fonction Publique et Administration.

Sur les réseaux sociaux, les communicants de la présidence se sont aussitôt réjouis de ces nominations. « De nouveaux visages à la présidence du Gabon suite au conseil des ministres d’hier. Place aux jeunes et aux femmes pour porter une action publique plus efficace aux côtés du Président Ali Bongo », s’est félicité sur Twitter Alaric Moubouyi, conseiller pour les relations presses à la présidence du Gabon. « On peut être jeunes et compétents, être issus de famille modeste et occuper de hautes fonctions […] Preuve que l’égalité des chances est en marche », a écrit quant à lui Axel Fetbia, qui décrypte l’actualité pour le compte de la présidence gabonaise.

Cette nouvelle salve de nominations intervient après deux vagues récentes de renouvellement à la tête de l’administration qui avaient déjà donné lieu à la promotion de nouveaux profils, à l’instar de Hermann Kamonomono, le directeur général de la Société Nationale Immobilière, ou de Justin Ndoundangoye, le secrétaire exécutif de l’Autorité de régulation des transports ferroviaires.

Le mouvement a été profond car il a touché les administrations centrales, les entreprises et agences publiques les plus importantes de l’Etat dont la Direction générale du budget et des finances publiques (DGBFIP), la Direction générale des Douanes, l’Office des ports et rades du Gabon (OPRAG), la Direction générale de la dette, la Société nationale des logements sociaux (SNLS), la Direction générale de la caisse des dépôts et des consignations, le Fond nationale d’aide sociale (FNAS) ou encore l’Agence nationale de l’urbanisme, des travaux topographiques et du cadastre (ANUTTC), etc.

Surtout, ce changement à la tête de l’Etat gabonais a d’abord concerné le cabinet de la présidence de la République. Brice Laccruche Alihanga, 38 ans, a été nommé le 25 août dernier directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba. Quelques jours plus tard, c’était au tour d’Ike Ngouoni Aila Oyouomi, à peine plus âgé, d’être promu directeur de la communication présidentielle et porte-parole de la présidence de la République.

« Ce renouvellement profond ne fait pas que des heureux au sein de l’administration et de la classe politique. Le vieux monde fait de la résistance et accuse le président Ali Bongo, et son directeur de cabinet, Brice Laccruche Alihanga, de jeunisme », explique un professeur en science politique de l’Université Omar Bongo à Libreville. « Mais c’est un réflexe corporatiste. On tente d’instruire un procès en manque d’expérience. Mais l’opinion publique, dans sa grande majorité, est favorable à ce renouvellement car elle considère que les anciens responsables n’ont pas particulièrement brillé par leurs compétences et qu’il faut désormais du sang neuf pour permettre au Gabon de se développer », indique cet universitaire.

Ce renouvellement en profondeur pourrait ne pas s’arrêter là et toucher également la classe politique. En effet, à l’occasion des élections législatives prévues prochainement au Gabon, plusieurs barons du PDG, le parti présidentiel au pouvoir, mais aussi de nombreux baobabs de l’opposition, sont menacés par la candidature de nouveaux prétendants, parmi lesquels de nombreux jeunes et femmes.