Gabon : Actée à l’initiative de Paul-Marie Gondjout, la scission de l’Union nationale en deux partis autonomes n’est plus qu’une « question de semaines »

Paul-Marie Gondjout croit dur comme fer en son destin présidentiel © DR

Envisagée dès décembre de l’année dernière, la scission de l’Union nationale devrait intervenir d’ici la fin août, indiquent plusieurs sources au sein du parti. Le candidat malheureux à la présidence du parti, Paul-Marie Gondjout (qui ne s’est incliné que par une voix d’écart sur 642 lors du Congrès le 13 novembre 2021 au terme d’un scrutin controversé), qui représente en quelque sorte le canal historique, a pris la tête d’une nouvelle tendance, baptisée « L’Union nationale initiale ».

Même les médias proches de l’opposition en parlent. C’est dire si les choses sont imminentes.

Une nouvelle tendance a vu le jour au sein du parti de l’opposition Union nationale (UN), a l’initiative de certains élus. Baptisée l’«Union nationale initiale» et pilotée par Paul-Marie Gondjout, celle-ci a fait sa première sortie vendredi 22 juillet à Libreville.

Il y a quelques jours, une vingtaine de conseillers municipaux et départementaux ont adressé une correspondance « salée » à Paulette Missambo dénonçant tour à tour son incompétence et sa gestion autocratique et clanique (lire notre article).

En réalité, cette scission, qui devrait être effective « dans quelques semaines » – « d’ici la fin août », indiquent plusieurs sources – n’a rien d’improvisé. Elle était déjà en germe au soir du 13 novembre dernier après que Paul-Marie Gondjout ne s’est incliné que d’une toute petite voix d’écart sur 642 lors du scrutin pour la présidence du parti, en succession du fondateur Zacharie Myboto. Les partisans de Gondjout, qui est marié à Chantal, la fille de Zacharie Myboto, avaient alors crié à la fraude.

Depuis, le clan Gondjout s’était organisé, ralliant à bas bruit élus locaux et militants sur le terrain. Alors que Paulette Missambo, elle, sous l’influence de son entourage, privilégiait « le clinquant », comme l’ont dénoncé ses adversaires, autrement dit la communication et les médias.

Un parti pour porter sa candidature à la présidentielle 2023

C’est ce travail de fond, sur le terrain, au plus près des militants qui a fini par payer.

Paul-Marie Gondjout, dont la côte auprès des sympathisants de l’UN ne s’est jamais démentie, ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin et se contenter de créer un nouveau courant au sein du parti qu’il juge moribond.

Il devrait s’atteler désormais à la création de sa propre formation politique. C’est sur elle qu’il devrait s’appuyer pour se porter candidat à l’élection présidentielle de 2023. Une décision également prise par l’intéressée il y a plusieurs mois déjà.