Gabon : Tout aussi sexiste que raciste, l’ex-vice-président Pierre-Claver Maganga Moussavou propose d’instaurer l’obligation d’être marié à une Gabonaise pour pouvoir se présenter à l’élection présidentielle

Pierre-Claver Maganga-Moussavou lors d'une conférence de presse ce mercredi 15 février 2023 © Capture d'écran/La fuite de l'info

Pierre-Claver Maganga-Moussavou a annoncé ce mercredi 15 février à l’occasion d’une conférence de presse qu’il se retirait de la concertation bipartisane sur les élections lancée ce lundi par le président Ali Bongo Ondimba, ajoutant un peu plus à la confusion qui règne dans les rangs de l’opposition, plus divisée que jamais. 

« J’ai décidé, dans les conditions actuelles (…), de ne pas prendre part à la concertation voulue par le chef de l’Etat », a déclaré Pierre-Claver Maganga-Moussavou ce mercredi à l’occasion d’une conférence ce presse retransmise en direct sur Facebook live, ajoutant que cette concertation était « pipée ». 

Au passage, l’ex-vice-président de la République, démis de ses fonctions en mai 2019 à la suite du scandale du Kevazingogate, a dit son opposition à la proposition du chef de l’Etat de raccourcir le mandat du président à cinq ans. « Sept ans renouvelable une fois », a plaidé Maganga-Moussavou au risque d’apparaitre rétrograde en défendant une durée de mandat jugée excessive à une époque où tout s’accélère.

Proposition choc-quante

C’est le moins que l’on puisse retenir de cette conférence de presse. Car celui que l’on dit amer, voire aigri, depuis sa révocation au poste de vice-président, ne tarde pas à tenir des propos, c’est un euphémisme, bien peu républicains. « Le Gabon a besoin de femmes et d’hommes de grande compétence, de grande volonté. Je pourrais même dire (…) qu’on a besoin d’un homme 100 % Gabonais qui a à ses côtés une femme 100 % Gabonaise. Faut pas avoir honte de le dire. Parce que quand on a une femme qui n’est pas Gabonaise, c’est là qu’on a une fuite de moyens financiers qui ne sont pas consacrés au Gabon mais la plupart du temps à l’extérieur », n’a-t-il pas craint de déclarer.

En roue libre, Maganga-Moussavou s’enfonce alors un peu plus. « A force de subir ce que nous avons subi, nous serons obligés d’exiger que nos frères gabonais qui postulent à la plus haute fonction fasse l’effort de montrer qu’il aime la femme gabonaise qui est aussi digne que n’importe quelle autre femme à travers le monde », a-t-il ajouté sans honte.

Racisme et sexisme

Des propos choquants, aussi racistes que sexistes (pourquoi ne pas instaurer la même chose pour les candidates femmes ?), qui visent la première dame, Sylvia Bongo Ondimba, que Pierre-Claver-Maganga-Moussavou, connu à l’époque pour son goût immodéré pour les bolides de luxe (de marques… étrangères), tient pour responsable de sa déchéance.

En attendant, si c’est ça la contribution à la concertation électorale de l’ex-vice-président de la République, l’annonce de son retrait de cette concertation est sans conteste une bonne nouvelle.