Franck Nguema sur RFI : Le limogeage de Maganga Moussavou et de Mapangou au Gabon « n’a rien à voir avec une guerre des clans ou une chasse aux sorcières »

Le ministre délégué à l'Environnement Franck Nguema © DR

Invité Afrique de RFI ce matin, le ministre délégué à l’Environnement est revenu sur le scandale de corruption lié au kevazingo, une essence rare interdite à l’exportation. 

L’interview est exceptionnellement longue. Près de 9 minutes contre 5 en moyenne habituellement. Il faut dire que ce que l’on appelle désormais le kevanzingogate est pris avec grand sérieux au Gabon où les autorités ont déjà sanctionné 13 hauts fonctionnaires, mais aussi deux responsables politiques de tout premier plan, le vice-président Maganga Moussavou et le ministre d’Etat des Eaux et Forêts Mapangou.

« De très graves dysfonctionnements dans l’administration des Forêts et des Douanes, en complicité avec certains opérateurs économiques, ont été mis en lumière par l’enquête en cours menée par le Procureur de la République », a commencé par rappeler le ministre.

« C’est une responsabilité collective qui a joué au niveau du Port d’Owendo de la part de quelques individus véreux », a-t-il aussitôt ajouté, précisant qu’il aurait été impensable de ne pas tirer de conclusions au niveau politique dans cette affaire.

Le ministre a par ailleurs balayé les rumeurs de guerre des clans qui, selon les personnalités sanctionnées, auraient motivés leur limogeage. « Toutes ces spéculations de guerre des clans sont un fantasme. Tout cela n’a rien à voir avec une chasse aux sorcières ou un quelconque règlement de comptes ». « Tout cela n’a rien à voir avec la politique », a-t-il précisé, laissant ainsi sous-entendre clairement que les causes de la disgrâce de Maganga Moussavou et de Mapangou sont à rechercher du côté du kevazingogate.

Le ministre délégué à l’Environnement a par ailleurs critiqué le fait que ces deux personnalités aient pris l’initiative (avant leur sanction) de s’exprimer par communiqué dans les médias sans y avoir été autorisé, rompant ainsi la discipline gouvernementale.

« Le président de la République est très exigeant sur le droit de réserve. Les sorties inappropriées de certains (en l’occurrence, Pierre-Claver Maganga Moussavou et Guy-Bertrand Mapangou) par communiqué de presse ont entraîné une certaine gêne au sommet de l’Etat. Leurs derniers communiqués n’avaient pas lieu d’être », a expliqué M. Nguema.

Nommé ministre en janvier dernier après avoir été élu de haute lutte député d’Akanda en octobre 2018, cet homme de média, patron du groupe privé Bo Communication (qui comprend TV+, Go Africa TV ou encore Radio Nostalgie, La Régie Africa Network et la société d’affichage Mediaffiche), manifestement très à l’aise dans l’exercice de l’interview, a conclu son propos en indiquant que « le président de la République (était) aux commandes du pays (et que) le gouvernement fonctionn(ait) parfaitement ».