France – Gabon : la lune de miel se poursuit entre Emmanuel Macron et Ali Bongo

Ali Bongo et Emmanuel Macron lors du One Planet Summit à Paris en décembre 2017 © DR

Les chefs d’Etat français et gabonais se rencontreront à nouveau en novembre prochain à Paris. Ali Bongo a été invité par son homologue à participer au Forum sur la paix et aux commémorations du centenaire de l’armistice marquant la fin de la première guerre mondiale.

Déjà en décembre dernier, Ali Bongo avait été convié par Emmanuel Macron a participé au Sommet de Paris sur le climat. Les deux hommes s’étaient alors chaleureusement entretenus. Tout comme ils l’avaient fait trois mois plus tôt en septembre à New-York à l’occasion de l’assemblée générale de l’ONU.

Depuis, les deux chefs d’Etat se sont revus et parlés à plusieurs reprises : en Inde en mars lors du Sommet sur l’Alliance solaire internationale ou encore à Nouakchott en juillet à l’occasion du sommet ordinaire de l’UA.

« Les deux présidents s’apprécient. Ils partagent plusieurs centres d’intérêt, dont le football et l’Histoire. Leurs relations interpersonnelles sont très bonnes », croit savoir un haut-diplomate français. « Ce sont deux personnalités pragmatiques », précisent une source gabonaise.

Difficile d’en dire autant entre les deux pays

Si les relations entre les deux hommes sont au beau fixe, difficile d’en dire autant entre les deux pays. « Il y a une forme de lassitude du côté gabonais face aux leçons de morale assénées depuis Paris, perçues comme une forme d’arrogance », explique un ancien ambassadeur européen en poste dans la sous-région. « Il est vrai qu’il y a parfois, disons, une certaine morgue dans la façon dont l’ex-métropole s’adresse à son ex-colonie », concède-t-il.

Mais ce qui a le plus changé, ça n’est pas l’attitude de la France mais le fait qu’à Libreville, celle-ci passe de plus en plus mal. Il faut dire que désormais, les dirigeants gabonais sont reçus partout dans le monde avec les honneurs. En l’espace de quelques mois, Ali Bongo a été reçu avec un intérêt non feint par les présidents chinois XI Jinping (en septembre), russe Vladimir Poutine (en juillet), turc Recep Tayyip Erdogan (en juillet toujours) ou encore par le premier ministre indien Narendra Modi (en mars).

A ces occasions, les responsables gabonais ont sans doute mesuré l’écart entre l’enthousiasme des uns et la relative froideur des autres.