Fin de la concertation sur les élections au Gabon : « Toutes les propositions retenues sont le fruit d’un consensus entre l’opposition et la majorité » (opposant)

Le coprésident pour l'opposition de la concertation sur les élections au Gabon, Séraphin Akure-Davain, entourés de ses collègues ce jeudi 23 février 2023 lors de la clôture de la concertation sur les élections © Facebook/Présidence Gabon

Les réactions se sont multipliées à l’issue de la clôture, jeudi 23 février, par le président Ali Bongo Ondimba de la concertation sur les élections. Du côté de l’opposition, le scepticisme des débuts a été largement dissipé au fil des jours à mesure de l’avancée des travaux. Et pour cause, les propositions qu’elle a formulées ont été largement prises en compte. Voici quelques réactions. 

C’est assez rare pour le souligner dans l’arène politique au Gabon. La fin de la concertation sur les élections hier, jeudi, a donné lieu à un satisfecit quasi-général, du côté de la majorité comme de l’opposition.

« Nous avons travaillé dans un esprit permanent de consensus. C’est une bonne chose pour notre pays que de voir deux camps qui se disent politiquement opposés parler d’une même voix pour la cause nationale », fait remarquer un délégué Les Démocrates sous le regard approbateur de ses collègues.

« Nous y avons été avec franchise et nous y avons eu en face une oreille attentive », acquiesce l’un d’entre eux.

« Il était de notre devoir, en tant qu’opposition, de nous impliquer. Car il nous faut des élections transparentes et apaisées », insiste un délégué, encarté au Front d’Egalité Républicaine (FER).

« C’est une avancée pour la République. Nous l’avons fait pour le pays », insiste un autre membre des Démocrates. « Ceux qui ont fait le choix d’être là sont à la fois légitime et représentatif. Nous les Démocrates avons dix députés à l’Assemblée. Nous sommes le premier groupe d’opposition. Et certains osent dirent que nous ne serions pas légitimes alors qu’ils n’ont aucun député, aucun élu local ? ».

« Le pouvoir avait le choix, avec sa majorité écrasante à l’Assemblée nationale, de ne pas convoquer cette concertation. Et modifier par la voie parlementaire la Constitution en y insérant tout ce qui leur plaisait », fait observer un membre du Rassemblement pour le Gabon (RPG). « Mais il nous ont appelé. Nous avons discuté. Et nous sommes tombés d’accord. Toutes les propositions retenues sont réellement le fruit d’un consensus ». 

« L’un des objectifs pour tous ici, de l’opposition comme de la majorité, c’était de cultiver le patriotisme. Nous avons fait la démonstration qu’en certaines circonstances, majorité et opposition savent se rassembler », rappelle de son côté un membre de l’UNI, le parti de Paul-Marie Gondjout, issu d’une scission de l’Union nationale.

« Ce que nous attendons désormais, c’est que les décisions qui ont été prises soient appliquées. Que ça ne soit pas comme la dernière fois (lors du dialogue politique d’Angondjé, NDLR) », interpelle toutefois un membre de la plateforme PG 41.

Dans son discours prononcé jeudi 23 février lors de la clôture de cette concertation, le coprésident pour l’opposition de cette concertation, Séraphin Akure-Davain s’est lui aussi félicité. « Nous n’avons pas, nous, représentants de l’opposition, perdus notre temps », a-t-il déclaré (lire notre article).