
Moins pour espérer gagner que pour sauver les apparences, la frange de l’opposition réunie au sein de la plateforme Alternance 2023 est semble-t-il en passe de parvenir à un accord, indiquent plusieurs sources ayant participé aux négociations. Paulette Missambo (Union nationale) se retirait au profit d’Alexandre Barro Chambrier (RPM) qui deviendrait ainsi le candidat commun. Quant à Raymond Ndong Sima, il se verrait promettre, dans l’hypothèse optimiste d’une victoire de son camp, la vice-présidence.
« C’est presque fait », indique dans un souffle de soulagement une source dans l’entourage d’Alexandre Barro Chambrier. « Il reste quelques détails à régler. Mais sur les grands principes, nous sommes parvenus à un consensus », veut-il croire.
Le suspense, il est vrai, n’en était pas un. Lors de cette présidentielle 2023, la frange de l’opposition réunie au sein d’Alternance 2023 mise tout sur une candidature commune. « Le seul véritable atout dans son jeu », souligne un professeur en science politique. Non pour espérer l’emporter – elle est lucide à ce sujet – que de « tenter de faire un résultat », pour reprendre l’expression d’un opposant. Comprendre, éviter une cuisante défaite et si possible dépasser la barre des 30 %. Ce qui serait pour elle un exploit dans les circonstances actuelles.
Le grand bénéficiaire de ces négociations est manifestement Alexandre Barro Chambrier. C’est lui qui a été désigné comme candidat commun, sinon de l’opposition, à tout le moins d’Alternance 2023. La candidate de l’Union nationale, Paulette Missambo, jugée effacée et auteure d’un début de campagne poussif, s’est résolue, face à l’évidence, de rallier le panache de Barro Chambrier qui semble l’avoir en interne distancée.
En contrepartie, de ce désistement, l’UN se verrait attribuer le poste de premier ministre (qui pourrait revenir à une autre personnalité que Missambo). De plus, « lors des législatives et des locales, dans certaines circonscriptions, les candidats du RPM se retireraient au profit de ceux de l’UN », souffle un autre lieutenant de Barro Chambrier. « C’est pour cela que les discussions prennent du temps. S’il n’y avait que la présidentielle, ça irait plus vite », confie un responsable d’Alternance 2023.
Ndong Sima, hypothètique vice-président
Souvent présentée comme le « troisième homme » de cette plateforme d’opposition, l’ancien premier ministre Raymond Ndong Sima, se verrait, lui, attribuer le poste de vice-président.
Quant au timing de l’annonce, celle-ci devrait avoir lieu « entre le 18 et le 21 août », indique avec précision une autre source, soit entre le jour de la fête de l’Indépendance, un moment hautement symbolique, et le lundi 21 qui marquera le début de la semaine électorale. « Pour créer un effet médiatique et initier une dynamique, il ne faut pas le faire trop tôt, sinon le soufflet risque de retomber », explique l’universitaire.
Pour l’opposition, cette annonce s’assimile à une stratégie de la dernière chance. Elle jouera ici son va-tout. Il est tout sauf sûr, au final que celle-ci, qui peut porter ses fruits sur le plan médiatique, soit efficace sur le plan électoral où les jeux semblent déjà faits. « Cette tactique semble davantage destinée à contester les résultats à l’issue des élections a posteriori qu’à arracher une victoire sur le fil. Compte tenu de l’ensemble des paramètres, on ne voit pas, même dans les hypothèses les plus optimistes, comme celle-ci pourrait échapper à la majorité du président Ali Bongo Ondimba », conclut le professeur.







