En pointe dans le combat en faveur des veuves, le Gabon veut encore renforcer leurs droits lors de la succession

C'est grâce à Sylvia Bongo Ondimba, photographiée ici lundi 19 juin 2023 à Libreville, que la Journée Internationale des Veuves a été instaurée à partir de 2011 © Facebook/SBO

A quelques jours de la Journée internationale des veuves, organisée le 23 juin de chaque année depuis 2011, la première dame du Gabon, Sylvia Bongo Ondimba, s’est mobilisée aux côtés de son époux, le président de la République Ali Bongo Ondimba, du gouvernement et des acteurs de la société civile, pour une meilleure reconnaissance des droits successoraux en faveur des veuves. Ce lundi 19 juin au Palais Rénovation, au terme d’une cérémonie venant clôturer une semaine de travaux, un document contenant des recommandations concrètes et opératoires en ce sens a été remis au chef de l’État.

Trois jours avant la date officielle, le Gabon a célébré le 19 juin la Journée internationale des veuves. Un événement dont la première dame, Sylvia Bongo Ondimba, est à l’origine.

Celle-ci a réuni à la Présidence des experts des questions de genre, des acteurs de la société civile, des décideurs et des partenaires internationaux, en présence du chef de l’Etat, de la vice-présidente, du premier ministre, de nombreux ministres, des experts et acteurs de la société civile.

A l’issue d’une cérémonie venue clore une semaine de travaux, un rapport assorti de recommandations concrètes et opératoires a été remis par la Première dame au président Ali Bongo Ondimba.

Dans le discours qu’il a prononcé, celui-ci a rappelé que « chaque semaine dans notre pays, des veuves sont victimes de spoliations, jetées hors de leurs maisons, laissées sans le sou. Cette situation est intolérable. Je ne saurais d’ailleurs pas la tolérer », a-t-il prévenu.

Et le président d’insister sur le fait que « des verrous administratifs doivent sauter. Un meilleur accompagnement des veuves concernées doit être envisagé. Des failles dans notre droit, notamment successoral, doivent être comblées pour que demain, à la douleur de la perte d’un époux, ne viennent plus s’ajouter d’autres malheurs. »

Des propositions concrètes et opératoires

Le rapport reçu par le président Ali Bongo, issu des ateliers organisés par plusieurs partenaires à l’initiative de la Fondation Sylvia Bongo Ondimba, entre le 9 et le 14 juin dernier, revient sur le parcours successoral en faveur des conjoints survivants. Il contient des recommandations visant à surmonter les obstacles d’ordre juridique, administratif et financier auxquels les ayants droit font face au moment de la succession.

Si Sylvia Bongo Ondimba a, dans son discours, relevé des évolutions positives dans la situation des veuves au Gabon, elle a également pris soin de souligner que « des résistances subsistent ». « Il est question de familles entières qui se déchirent, de documents administratifs volés ou détruits pour priver les ayants droit de leurs dus. Il est question de tentatives de spoliation, de blocages organisés du processus successoral, de lenteurs administratives ou judiciaires. Il est question de multiples méfaits illégaux et condamnables qui exposent les conjoints survivants et leurs enfants à la vulnérabilité, à l’injustice, à la perte de repères hypothéquant ainsi leur avenir», a-t-elle dénoncé.

Susciter une vaste mobilisation nationale comme sur l’égalité des genres

A l’exemple de son lobbying réussi en faveur de l’égalité des genres qui a débouché sur le vote de trois lois importantes en 2022, la Fondation Sylvia Bongo va désormais s’employer à susciter une vaste mobilisation nationale pour préserver les droits de veuves lors de la succession en faisant à la fois évoluer le droit et les pratiques administratives. Les populations seront étroitement associées à cette campagne de sensibilisation à travers l’organisation de « causeries éducatives » partout dans le pays.