« Dans l’hypothèse d’une condamnation de M. Laccruche, le Gabon ne manquera pas de faire appel à la coopération judiciaire de la France pour recouvrer les sommes d’argent volées au peuple gabonais » (porte-parole de la Présidence)

Jessye Ella Ekogha, le porte-parole de la Présidence, lors d'un point-presse le 23 décembre 2019 © DR

C’est en ces termes que Jessye Ella Ekogha a répondu à la question d’un journaliste au sujet de la plainte déposée en France par les frères Laccruche Alihanga, tous deux placés sous mandat de dépôt à la prison centrale de Libreville en décembre dernier dans le cadre de l’opération anti-corruption Scorpion. 

Cela s’appelle faire du judo. Faire sien les arguments de l’adversaire pour le prendre à revers.

Interrogé hier mardi sur le dépôt d’une plainte en France par l’avocat de Brice et Grégory Laccruche, Me Dominique Inchauspé, le porte-parole de la Présidence ne s’est pas démonté. « En tant que ressortissant français, Brice Laccruche Alihanga a le droit de saisir la justice française. Cependant il faut rappeler que dans le cadre d’infraction pénale, c’est le principe de territorialité de l’infraction qui prévaut. Autrement dit, c’est la loi gabonaise qui est applicable et c’est la justice gabonaise qui rendra les décisions », a clairement indiqué Jessye Ella Ekogha.

Et celui-ci de retourner à son avantage la situation : « En cas de condamnation de monsieur Laccruche la justice gabonaise et les autorités gabonaises ne manqueront pas de faire appel à la coopération judiciaire, notamment de la France pour retrouver les sommes d’argent volées au peuple gabonais », a-t-il déclaré.

Des propos qui démontrent à suffisance que l’initiative des avocats de MM. Laccruche, pour médiatique qu’elle soit, n’ébranle en rien les autorités gabonaises, qui restent stoïques. Pire, selon plusieurs professionnels du droit, elle pourrait se révéler contre-productive pour leurs clients.