
Guy Nzouba-Ndama a comparu lundi octobre devant le tribunal de Franceville pour transport de marchandises prohibées et contrebande. Le 17 septembre dernier, il avait été interpellé à la frontière entre le Congo-Brazzaville et le Gabon après un séjour de quelques heures à Oyo, fief du président Denis Sassou-Nguesso, avec trois valises contenant 1,19 milliards de francs CFA en liquide.
Pour tenter de justifier la provenance d’une telle somme en liquide, Guy Nzouba-Ndama, après avoir servi deux versions différentes aux enquêteurs lors de sa garde à vue, a déclaré au tribunal que cet argent était le produit de la vente d’un terrain à Pointe-Noire (au Congo-Brazzaville) d’une superficie de 9.756,07 mètres carrés.
Une version à laquelle la société civile congolaise, très remontée dans cette affaire, ne croit pas du tout. « Ce sont des explications fumeuses, tardives et sans doute bricolées par les avocats de l’intéressé (Guy Nzouba-Ndama) (…) Au Congo, pas plus qu’ailleurs, quand on vend un immeuble en général et un terrain en particulier, compte tenu du montant, la transaction ne se fait jamais en liquide. Par ailleurs, cette transaction se fait toujours par acte notarié », fait observer Joe Washington Ebina, président de la Fondation Ebina et du Collectif des explosions du 4-Mars, 40 ans (lire ou écouter par ailleurs son interview sur RFI en septembre dernier en cliquant ici).
Or, en l’espèce, comme le fait remarquer M. Ebina, « M. Nzouba-Ndama n’a produit aucun acte notarié devant le tribunal ».
Selon un responsable du Cercle des droits de l’homme et du développement (CDHD), une des principales organisations de la société civile au Congo-Brazzaville, la vérité est « beaucoup plus simple et tout le monde l’a connait ». « Cet argent a été remis à M. Nzouba-Ndama en main propre à Oyo. Selon toute probabilité, cet argent, qui provient des caisses du Trésor public congolais, devait servir à financer les activités politiques de M. Nzouba-Ndama en vue de l’élection présidentielle qui doit se tenir en 2023 au Gabon. Plusieurs sources nous l’ont clairement indiqué ».
Une seule victime dans cette affaire : le peuple congolais
La CDHD, à l’instar de nombreuses autres organisations de la société civile congolaise, déplorent la « campagne de désinformation menée dans cette affaire dans les médias proches du pouvoir au Congo et dans une partie d’entre eux au Gabon » qu’elle estime « corrompus » et qui présente « M. Nzouba-Ndama comme une victime ». « Dans cette affaire », tonne-t-il, « il n’y a qu’une seule victime : le peuple congolais dont l’argent est dilapidé à l’extérieur alors que le pays manque de tout, de l’eau, de l’électricité, du gaz, de routes et de médicaments », clame-t-elle. Elle espère désormais que « la Justice (au Gabonç fera son travail pour que cela serve d’exemple et qu’on en finisse avec ce genre de pratiques ».
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