« Dans la montée actuelle de la haine et de la xénophobie au Gabon, le Copil citoyen porte une lourde responsabilité » (député Les Démocrates)

Geoffroy Foumboula Libeka Makosso, le porte-parole du Copil Citoyen, une organisation satellite de l'opposition gabonaise © Facebook/GFLM

Après la première dame et le PDG mercredi, au tour du gouvernement jeudi via son porte-parole Rodrigue Mboumba Bissawou de monter au créneau pour mettre en garde contre la tentation d’une partie de l’opposition gabonaise de faire de la xénophobie une arme de campagne à deux mois et demi de la présidentielle. Dans cette situation, le Copil citoyen, qui avait avec véhémence dénoncé en mai dernier la nomination d’Ousmane Cissé à la tête de la SEEG au seul motif qu’il était Sénégalais, porte une lourde responsabilité, estime un député Les Démocrates. Bien que membre de l’opposition, celui-ci désapprouve ceux de ses collègues qui agitent le chiffon rouge. 

« La haine, la xénophobie et le racisme n’ont jamais fait partie de mes valeurs. En politique, on ne peut tout se permettre au motif de combattre un adversaire. C’est pourquoi je ne me reconnais pas dans le discours actuel d’une partie de l’opposition qui consiste à flatter les penchants xénophobes. C’est irresponsable et dangereux », tonne un député Les Démocrates, parti dirigé par l’opposant Guy Nzouba-Ndama, qui a souhaité s’exprimer en off.

« Le fait d’être dans l’opposition ne nous dispense pas de respecter certaines valeurs, d’observer les règles morales », fait-il observer à l’endroit de ses collègues qui s’interroge également « sur le silence, des médias, notamment occidentaux à ce sujet ». Ceux-ci, il est vrai, ont tendance à passer sous silence les dérapages verbaux dès lors qu’ils émanent des rangs de l’opposition.

Dans la résurgence de ce débat, récurrent au Gabon à la veille des élections (en 2016 déjà, on parlait de légion étrangère » pour qualifier l’entourage du président de la République auquel certains ont tenté de prêter des origines… biafraises !), « le Copil citoyen porte une lourde responsabilité », dénonce l’élu qui rappelle qu’« on peut critiquer et même condamner quelqu’un pour ce qu’il fait, non pour ce qu’il est ».  

Organisation satellite de l’opposition gabonaise

Le 23 mai dernier, Geoffroy Foumboula Libeka Makosso, le porte-parole du « Copil Citoyen », organisation satellite de l’opposition gabonaise, avait adressé un courrier au ministre de l’Eau et des ressources hydrauliques pour contester la nomination, intervenue quelques jours plus tôt en Conseil des ministres, du Sénégalais, Ousmane Cissé comme Directeur général de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG).

« Nous rappelons au gouvernement gabonais que la constitution de notre République elle est claire ; Article 1er alea 7 stipule que : « tout gabonais a droit au travail et un emploi ».  Tant que le gouvernement nous aura pas démontrer qu’un gabonais n’a pas la compétence de gérer la SEEG, nous opposerons fermement à cette énième humiliation qui vise à démontrer aux yeux du monde entier, que les Gabonais sont tellement incompétents », a écrit M. Foumboula Libeka Makosso dans sa missive.

Des propos clairement xénophobes, jamais condamnés ouvertement jusqu’à présent par le moindre représentant de l’opposition…