
C’est ce qui ressort du bilan des quatre mois de riposte fait par le porte-parole du Comité de pilotage contre le Covid-19, le Dr Guy-Patrick Obiang Ndong. Les spécialistes y voient un signe de l’amélioration de la prise en charge des cas positifs, de même qu’un signe de ralentissement de la circulation du virus.
C’est une autre statistique qui montre que l’épidémie de Covid-19 est en recul au Gabon. Elle est certes moins spectaculaire que le nombre de cas testés positifs (en baisse continue depuis un mois et demi) ou le nombre de guérisons (en forte hausse). Mais elle n’en est pas moins significative.
Il s’agit de la répartition de la prise en charge des patients entre l’hôpital et l’ambulatoire (c’est à dire la médecine de ville).
Alors que ce rapport était très déséquilibré en faveur de la première en avril (77 % des patients pris en charge à l’hôpital contre 29 % en médecine de ville), il s’est ensuite inversé à partir du mois de mai (55 % en ambulatoire contre 45 % à l’hôpital).
Une tendance qui s’est confirmée en juin (56 % contre 44 %) avant de s’accentuer très nettement durant les dix premiers jours de juillet (98 % en ambulatoire contre 2 % à l’hôpital).

Pour les spécialistes, comme ce membre du Comité de riposte au Covid-19, professeur en médecine, les leçons à en tirer sont claires. « Ce chiffre s’explique par divers facteurs. D’abord, le fait que le nombre de cas de guérisons est en forte augmentation libère de plus en plus de lits à l’hôpital (…) Ensuite, on constate un ralentissement de la circulation du virus via la baisse du nombre de contaminations journalières qui est continue depuis un mois et demi. On a statistiquement moins de cas graves et donc une moindre prise en charge par l’hôpital », explique ce professeur.
« Enfin », poursuit ce spécialiste en épidémiologie, « c’est aussi le signe que le corps médical a progressé. Au début de l’épidémie, certains patients auraient certainement été orientés vers l’hôpital. Aujourd’hui, la médecine de ville est capable dans un cadre de sécurité sanitaire strict de prendre en charge avec efficacité ces cas. C’est un point de satisfaction important car il témoigne d’un accroissement de la capacité de prise en charge dans l’hypothèse, encore théorique à ce stade, de seconde vague ».
Selon l’OMS, le Gabon est en voie de maîtriser la circulation du virus sur son territoire. Pour autant, aucun triomphalisme du côté des autorités. Au contraire, les appels à la prudence et à la vigilance se multiplient, de même que les rappels au respect des gestes barrières et des mesures d’hygiène.
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