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Covid-19 : 1 000 personnes infectées au Gabon, 300 000 morts dans le monde et le virus qui pourrait ne pas disparaître selon l’OMS

Le siège de l'OMS à Genève en Suisse © DR

Alors que le nombre de cas testés positifs au Covid-19 a franchi la barre symbolique du millier au Gabon, que le nombre de décès dans le monde s’élève à 300 000 désormais, l’Organisation mondiale de la santé a livré hier mercredi un message résolument alarmiste. Selon elle, ce coronavirus pourrait « ne jamais disparaître » et devenir une maladie avec laquelle l’humanité devra apprendre à vivre. D’où l’importance du respect renforcé des gestes barrières. Pourtant, passé la période de peur, le relâchement dans les comportements est palpable, au Gabon comme ailleurs.

« Nous avons un nouveau virus qui pénètre la population humaine pour la première fois et il est en conséquence très difficile de dire quand nous pourrons le vaincre », a déclaré lors d’une conférence de presse virtuelle ce mercredi 13 mai à Genève le directeur des questions d’urgence sanitaire à l’OMS, Michael Ryan.

Pour Michael Ryan, le Covid-19 pourrait même « devenir endémique dans nos communautés. A titre d’exemple, ce dernier a comparé la situation actuelle avec celle du VIH, un virus « qui n’est pas parti, mais avec lequel nous essayons de composer », a-t-il expliqué.

Alors que de nombreux pays commencent à lever progressivement les restrictions imposées pour tenter de freiner l’épidémie apparue en décembre en Chine, Michael Ryan assure qu’un « effort gigantesque » sera nécessaire pour contrôler le virus.

« Sa trajectoire est entre nos mains, et c’est le souci de tous, nous devons tous contribuer à stopper cette pandémie », a-t-il conclu, faisant directement référence, à l’échelle de la population, aux mesures de distanciation sociale et aux gestes barrières imposés par de nombreux gouvernements.

Relâchement dans le respect des gestes barrières au Gabon

Un message qui raisonne particulièrement au Gabon, pays pourtant jugé exemplaire en Afrique dans le traitement de l’épidémie. Depuis, deux semaines environ, le nombre de cas testés positifs au Covid-19 a fait « un bon », selon les termes mêmes du porte-parole du Comité de riposte au coronavirus, le Dr Guy-Patrick Obiang Ndong. Si cette statistique inquiétante s’explique en partie par la montée en flèche du nombre de tests quotidiens (plus de 800 dans la seule journée d’hier contre à peine plus de quelques dizaines mi-mars au moment de l’apparition du virus dans le pays), elle s’explique avant tout, selon les épidémiologistes par le relâchement des comportements et le non respect des gestes barrières comme le fait de ne pas porter un masque dans l’espace public ou encore de ne pas respecter un à deux mètres de distance entre chaque individu. « Les gens se baladent sans masques, au marché, beaucoup n’en portent pas, ils s’agglutinent autour des étals », témoigne un mère de famille vivant dans le 5ème arrondissement de Libreville, l’un des plus touchés par l’épidémie. Un manque de civisme qui inquiète les autorités et fait craindre un possible retour à un confinement strict.

Beaucoup de Gabonais prennent encore avec trop de légèreté le virus

L’application des gestes barrières, ainsi que des mesures d’hygiène (se laver fréquemment les mains notamment) est d’autant plus nécessaire qu’une récente étude vient de montrer que le Covid-19 pourrait bien se transmettre non seulement par la toux ou l’éternuement mais même par la parole. En effet, les micro-gouttelettes de salive générées par la parole peuvent rester suspendues dans l’air d’un espace fermé pendant plus de dix minutes, selon une expérience publiée ce mercredi dans la revue PNAS, qui souligne le rôle probable de ces micro-gouttelettes dans la pandémie.

Pour ce chercheur du CIRMF, le premier des quatre centres habilités à faire des tests au Covid-19 au Gabon, ces nouveaux éléments « devraient donner à réfléchir à nombre de nos compatriotes qui sont passés en l’espace de quelques semaines à la psychose – nous allons tous mourir – à une coupable légèreté – au fond, ce virus n’est pas si méchant ». Une formule qui résume bien l’état d’esprit qui prévaut dans une partie de la population et qui explique l’accélération de la circulation du virus dans le pays.