Confronté à une terrible seconde vague de Covid-19, le gouvernement camerounais fustige « l’inconscience » et « l’indiscipline généralisée » de la population qui « minimise » la gravité de la situation épidémique

Le ministre de la Communication camerounais et porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi © DR

Alors que le Cameroun est frappé de plein fouet par une terrible seconde vague de Covid-19, les autorités locales font face à une « indiscipline généralisée » de la part de la population qui entrave dangereusement la lutte contre l’épidémie. Une attitude qu’a critiquée avec virulence le ministre camerounais de la Communication et porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi, lors d’une conférence de presse ce lundi 1er mars à Yaoundé. Extrait. 

« S’agissant du Cameroun, comme vous le savez, la lutte contre le COVID-19 constitue un enjeu majeur pour le Gouvernement de la République, ce d’autant plus que ces derniers mois, l’on a enregistré une réelle montée en puissance du COVID-19, dans notre pays.

Cette recrudescence de la pandémie est marquée par une propagation de plus en plus étendue du coronavirus, principalement, par l’augmentation du nombre de Camerounaises et de Camerounais contaminés au quotidien, ainsi qu’une remontée considérable du nombre de décès enregistrés dans notre pays. […]

Le Cameroun est passé de 25 Mille 738 cas positifs à la date du 23 décembre 2020, à 35 Mille 714 cas confirmés de COVID-19, au 25 février 2021, soit une augmentation de Neuf mille Neuf Cent Soixante Seize (9 976) nouveaux cas positifs dans notre pays, en l’espace de deux mois et deux jours.

Par ailleurs, comme nous l’avons indiqué en son temps, à la date du 23 décembre 2020, le Cameroun enregistrait un total de Quatre Cent Quarante Six (446) décès, contre Cinq Cent Cinquante et Un (551) décès, enregistrés lors de la dernière évaluation hebdomadaire, le 25 février 2021.

Soit, Cent Cinq (105) cas de décès déplorés dans notre pays, au cours de la même période, c’est-à- dire, ces deux derniers mois.

De même, il y a lieu de relever, pour le regretter, l’augmentation du nombre de patients sous assistance respiratoire, et de façon générale, du nombre de cas d’hospitalisation, de plus en plus élevé.

Toutes choses qui montrent une croissance de jour en jour, de la courbe des données statistiques publiées hebdomadairement par le Ministre de la Santé Publique, et constituent aujourd’hui une réelle préoccupation pour le Gouvernement de la République, ainsi que pour l’ensemble des équipes chargées de la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Riposte contre le COVID-19.

L’évaluation de la situation ces temps derniers, révèle un regain de la pandémie, et donc, une expansion de la contamination sur l’ensemble du territoire national.

A en croire la plupart des observateurs et analystes de l’espace public national, cet état de fait est essentiellement lié à un relâchement généralisé que le Gouvernement de la République a du reste, décrié à maintes reprises, depuis quelques temps, et qui s’est traduit par le non-respect, de la part de la majorité de nos compatriotes, des principales mesures barrières édictées par l’Organisation Mondiale de la Santé et le Gouvernement.

La présente Conférence de Presse Conjointe que nous tenons, avec la collaboration du Ministre de la Santé Publique, M. MANAOUDA Malachie, et du Délégué Général à la Sûreté Nationale, M. Martin MBARGA NGUELE, a donc pour but, une fois de plus, d’interpeller nos concitoyennes et nos concitoyens sur les graves conséquences que charrient l’indiscipline et une certaine illusion, véhiculée çà et là, tendant à minorer la présence pourtant encore suffisamment pernicieuse de la pandémie du coronavirus dans notre pays. »