[Analyse] En absorbant Démocratie Nouvelle de René Ndemezo’o Obiang, le PDG d’Ali Bongo Ondimba poursuit son mouvement centrifuge à un an de la présidentielle au Gabon

A un an de l'élection présidentielle au Gabon, Ali Bongo Ondimba est en position de force © DR

A l’occasion de son deuxième congrès extraordinaire organisé les 2 et 3 septembre dernier à Bitam dans le Woleu-Ntem, Démocratie Nouvelle a entériné sa fusion-absorption par le Parti démocratique gabonais (PDG). De bonne augure pour le parti majoritaire qui, à un an de l’élection présidentielle, poursuit son mouvement centrifuge.

De la fusion-aborption de DN par le PDG, on peut tirer deux leçons. L’une accessoire, le « retour à la maison » de René Ndemezo’Obiang  que d’aucuns voient occuper le poste de vice-président, vacant depuis trois ans suite au départ de Manganga Moussavou. L’autre essentielle : la dynamique politique révélée par cet événement et, partant, le rapport de force qui s’exerce en conséquence. A un an de l’élection présidentielle de 2023 au Gabon, ce rapport de force est de plus en plus favorable au PDG.

Le parti majoritaire, repris en main depuis quelques mois par un nouveau secrétaire général, Steeve Nzegho Dieko, qui incite ses troupes à occuper davantage le terrain, a le vent en poupe. La formation présidée par Ali Bongo Ondimba continue de se renforcer que ce soit par la fusion-absorption de partis tournant autour de son orbite (à l’instar de DN, mais avant lui les Sociaux démocrates gabonais, du Rassemblement pour la restauration des valeurs, etc.) mais aussi par le ralliement de figures de l’opposition.

La liste de celles-ci est si longue qu’il serait fastidieux de la dresser de manière exhaustive : de l’ancien premier ministre Jean Eyeghé Ndong à Frédéric Massavala, en passant par Féfé Onanga, tous d’anciens proches de Jean Ping. Mais aussi de nombreux Démocrates : Diramba, Doukaga… Sans oublier les rumeurs persistantes, malgré les dénégations officielles, concernant Dakure-Davain. Etc.

Mouvement centrifuge pour la majorité, centripète pour l’opposition

Le mouvement centrifuge initié par le parti majoritaire contraste avec le mouvement centripète à l’œuvre au sein de l’opposition gabonaise. Non seulement celle-ci voit ses rangs se dégarnir dangereusement, mais ceux qui y restent ne contribuent pas loin s’en faut à la renforcer.

Ils se livrent à une guerre farouche pour ravir à Jean Ping le statut de leader de l’opposition que le leader de la CNR, à 80 ans passés, n’est plus en mesure d’endosser. Ces guerres picrocholines au sein de l’opposition, qui contribuent à son affaiblissement, n’épargnent aucun parti, aucun leader. L’Union nationale a implosé sous fond de querelle entre deux de ses figures : Paulette Missombo, la présidente officielle, et Paul-Marie Gondjout, son leader officieux qui vient de créer une aile dissidente. Alexandre Barro Chambrier (RHM) est lui rigoureusement tenu à l’écart par les autres opposants qui se méfient de « son opportunisme et son arrivisme », pour reprendre les termes de l’un d’entre eux. Enfin, Guy Nzouba-Ndama, le président des Démocrates, est davantage occuper à maintenir son parti à flot alors que celui-ci prend l’eau de toute part.

En politique, pour s’imposer, il faut à la fois compter sur ses propres forces. Mais aussi sur les faiblesses de ses adversaires. A l’évidence, en 2023, Ali Bongo Ondimba pourra compter sur les deux à la fois.