Alain Claude Bilie-By-Nze conspué lors du défilé du 1er mai au Gabon

Alain Claude Bilie-By-Nze, le ministre de la Communication et porte-parole du Gouvernement, a été fortement hué à l'occasion du défilé du 1er mai 2018 au Gabon. Source : compte Twitter @BilieByNze

La fête du travail 2018 n’aura été plaisante pour Alain Claude Bilie-By-Nze. A l’occasion du défilé du 1er mai, le ministre de la Communication a été copieusement sifflé par les agents de la radio et de la télévision publiques. 

Les agents du service public de l’audiovisuel ont frappé fort ce 1er mai au Gabon. Vingt-quatre heures après avoir lancé leur mouvement visant à réclamer l’amélioration de leurs conditions de travail, ceux-ci ont fait un coup d’éclat lors du défilé du 1er mai sur le Boulevard Triomphal à Libreville.

Au moment de leur passage devant la tribune officielle, les agents de Radio Gabon et de Gabon Télévisions ont scandé à tue-tête des slogans hostiles à leur ministre de tutelle, Alain Claude Bilie-By-Nze. « Bilie est sous nos pieds ! Il est sous nos pieds ! », ont criés les manifestants. Visiblement gêné aux entournures face à cet affront public, M. Bilie-By-Nzze a tenté de faire bonne figure sans toutefois y parvenir. « Il n’a pu qu’esquisser un sourire jaune car la situation était humiliante », ont indiqué plusieurs témoins.

Alain Claude Bilie-By-Nze fragilisé

Ce mouvement d’humeur intervient à un moment particulièrement délicat pour le ministre de la Communication. « Il est en perte de vitesse depuis l’élection compliquée d’août 2016. Il est fortement assimilé dans l’opinion à cette période. Du coup, quand il prend la parole, cela dessert l’image du président Ali Bongo. Incontestablement, il est fragilisé », explique l’un de ses collègues au sein du gouvernement. En outre, ajoute celui-ci, « il est vrai qu’Alain Claude n’a pas particulièrement brillé ces derniers mois par sa gestion de la réforme de l’audiovisuel public. La concertation avec les syndicats a été infructueuse et on peine à voir la vision qui se dégage de tout cela ».

Un élément qui explique le coup de gueule du 1er mai des agents des médias publics qui sont nombreux désormais à souhaiter que le ministre de la Communication, qui ne symbolise plus selon eux l’avenir mais le passé, ne soit pas reconduit dans ses fonctions, que ce soit dans les heures ou dans les mois qui viennent.