
Il s’agit d’un tournant dans la vie politique RD congolaise. L’ex-chef de l’Etat Joseph Kabila n’est plus en mesure sans doute de reprendre le pouvoir en 2023 comme il l’avait espéré après 18 années passées à la tête du pays.
Le président RD congolais Félix Tshisekedi a annoncé dimanche 6 décembre avoir décidé de nommer un informateur. Son objectif : identifier une nouvelle majorité au parlement afin de pouvoir mettre en œuvre les nouvelles reformes souhaitées par les Congolais, a expliqué Félix Tshisekedi.
Cette annonce choc sonne la fin de la coalition qui liait le Chef de l’État, élu en janvier 2019, à son prédécesseur Joseph Kabila depuis deux ans. Entre les deux plateformes au pouvoir, CaCh et le FCC, les tensions étaient devenues paroxystiques. Entre insultes, boycott et menaces de dissolution de l’Assemblée nationale, rien n’allait plus entre les deux formations. Une situation qui a poussé Félix Tshisekedi à initier début novembre des « consultations » inédites de la classe politique et de la population congolaise dans son ensemble au Palais de la nation.
« J’en ai retenu que le gouvernement de coalition institué au lendemain de l’alternance politique (en janvier 2019, NDLR) n’a pas permis de mettre en œuvre le programme pour lequel vous m’avez élu et que d’autre part il n’a pas été capable de répondre aux attentes et aspirations de notre peuple », a déclaré Félix Tshisekedi au moment de rendre public le divorce.
Coup dur pour Joseph Kabila
Il s’agit d’un véritable tournant dans la vie politique congolaise qui va bouleverser les équilibres politiques. D’autant plus que le président l’a promis, en cas d’échec du futur informateur dans sa mission d’identifier une nouvelle majorité, il n’hésitera pas à « utiliser les prérogatives que lui reconnaît la constitution », c’est-à-dire, la dissolution de la chambre basse du parlement.
Pour Joseph Kabila, c’est un coup dur. Malgré le bras de fer engagé avec Félix Tshisekedi, le mouvement de Joseph Kabila avait tout fait pour éviter ce scénario. Il ne réalisera donc probablement pas son rêve : redevenir chef de l’Etat en 2023, date prévue pour la prochaine élection présidentielle.







