
Beaucoup le pressentaient. C’est désormais officiel. L’ancien député de Bolossoville et partisan acharné du candidat de la CNR lors de l’élection présidentielle de 2016, qui vient de passer six ans en prison, a déclaré sur TV5 Monde que son « contrat avec (Ping) prendra fin le 31 décembre 2022″. Une manière pudique, certains diront élégantes, de rompre avec celui qui, a 80 ans, n’incarne plus l’avenir de l’opposition gabonaise.
« Nous sommes en année électorale à partir de janvier et à ma sortie de prison, j’ai dit que je prendrai mon destin en main », a déclaré Bertrand Zibi Abeghe sur le plateau de TV5 Monde, chaine dont il était l’invité à l’occasion de son passage à Paris. « mon contrat avec lui prendra fin le 31 décembre 2022 », a-t-il insisté.
Même s’il y met les formes, de fait Zigbi a annoncé sa rupture avec Ping. Comme tant d’autres avant lui – Frédéric Massavala, René Ndemezo’o Obiang, Féfé Onanga, Jean Eyeghé Ndong… Eux aussi avaient soutenu Jean Ping en 2016 avant de lui tourner le dos.
Deux raisons ont poussé l’ancien député de Bolossoville de prendre cette décision. La première est personnelle. Zigbi reproche à Ping de l’avoir insuffisamment soutenu, notamment financièrement, lors des six années qu’il vient de passer en prison (lire notre article). La deuxième est politique. A 80 ans, Ping incarne le passé, et non l’avenir. Les prétendants se bousculent aujourd’hui pour lui ravir son magistère de leader de l’opposition : de Barro Chambrier à Missambo, en passant Paul-Marie Gondjout ou Mike Jocktane.
Ce qui fait dire à un responsable du PDG, doué du sens de la formule : « Du côté de l’opposition, c’est à la fois le trop plein – de candidats – et le vide – des idées ! » Une formule qui pourrait faire florès lors de la campagne électorale à venir.







