
« Il faut poursuivre avec la plus grande détermination ceux qui se sont rendus coupables de détournements de l’argent public, les punir avec sévérité pour s’être accaparés le bien commun », a écrit ce samedi sur sa page Facebook celui qui fut le chef du gouvernement de 2012 à 2014 avant de se muer, à partir de 2015 et la publication d’un livre intitulé « Quel renouveau pour le Gabon ? », en l’un des principaux contempteurs de la majorité au pouvoir.
« Alors qu’une commission permanente sur l’enrichissement illicite n’a pas réussi à déboucher sur un seul procès sur les détournements objets de ses investigations, les opérations Mamba et Scorpion, qu’il faut féliciter, ont elles, semble-t-il, mis en évidence en un temps très court, des faits graves qui ont conduit aux détentions préventives observées ces derniers jours », s’est réjoui ce samedi sur sa page Facebook M. Ndong Sima en référence à l’opération anti-corruption inédite lancée il y a un mois au Gabon et pour laquelle une quinzaine d’ex-hauts responsables publics, tous des proches de l’ex-directeur de cabinet de la Présidence, Brice Laccruche Alihanga, ont été placés sous mandat de dépôt à la prison centrale de Libreville.
C’est le cas de quatre anciens ministres (Brice Laccruche Alihanga, Tony Ondo Mba, Noël Mboumba et Roger Owono Mba), d’ex-hauts responsables d’administration ou d’entreprises publiques (Christian Patrichi Tanasa, Ismaël Ondias Souna, Renaud Allogho Akoué…) et même d’un maire (celui d’Akanda, Grégory Laccruche Alihanga).
« Il faut en parallèle ouvrir un compte spécial et y déposer les sommes détournées, volontairement restituées ou récupérées de force et en publier l’origine », ajoute l’ex-premier ministre, devenu depuis l’un des principaux pourfendeurs de la majorité au pouvoir.
Celui-ci y va par ailleurs de ses conseils aux autorités « pour que les opérations anti-corruption en cours visant à neutraliser les prédateurs restent du domaine de la Justice et ne s’inscrivent pas dans celui des règlements de comptes. »
« Ces investigations doivent n’être ni sélectives, ni partisanes et concerner avec la même rigueur tous ceux qui se sont rendus coupables de tels actes », avertit M. Ndong Sima, ajoutant que « ceux qui, au nom de la loi, se chargent des poursuites contre les indélicats présumés doivent se conformer eux-mêmes rigoureusement à la loi et à toutes ses exigences et en premier lieu, au principe fondamental de la présomption d’innocence (…) sans inutile humiliation, ni maltraitances des prévenus. »
Dans le cas contraire, prévient-il, outre une violation intolérable de la loi, « on risquerait de créer un courant de sympathie au bénéfice des auteurs de ces graves détournements qui doivent pourtant répondre de leurs actes », conclut l’ex-premier ministre, peu suspect de sympathie vis-à-vis de la majorité au pouvoir.







